C'est le leitmotiv de la droite clermontoise pour ses élections. Que ce soit pour les municipales ou pour les cantonales, chacun a son petit mot pour le TGV. Le manque d'idées originales obligent
ainsi la droite à ressortir de placards poussiéreux cette arlésienne que chaque Clermontois connaît trop bien.
Aussi, on a pu apprendre par voie de tract que notre adversaire de droite, Antoine Philippon, proposait une gare TGV sur le canton, dans le quartier des Gravanches. Que faut-il en
penser ?
Déjà que il faut atténuer le projet TGV. Le fait que l'Auvergne soit la dernière région de France métropolitaine à ne pas avoir de projets, ni de lignes à grande vitesse est une carence, nul doute.
Mais le gain de temps gagné sur la ligne Paris-Clermont-Ferrand est incontestable. Avec l'effet Téoz, les collectivités ont supporté le coût de lourds aménagements pour gagner minutes sur minutes,
passant actuellement à un trajet d'une durée de 3 heures 21, voire 3 heures 08 pour le direct. Ces efforts n'ont pas été sans peine. Sur le plan logistique, avec une gare sacrifiée, sur le plan
financier, avec la participation des collectivités, et l'augmentation du coût des billets pour les passagers, à l'arrivée du Téoz.
Pour le TGV, ce sera le même topo, et on oublie de nous le dire. Le TGV fera exploser le prix des billets pour monter à la capitale, le gain de temps se fera en sacrifiant les autres gares de la
région, sans doute aussi Nevers. Le coût sera pharaonique, et les Clermontois devraient payer une belle partie de la note, avec le désengagement de plus en plus courant de l'Etat sur les questions
de l'aménagement du territoire.
Et à côté ?
Le véritable drame, c'est la désertification de nos petites lignes régionales orchestrée de par la direction de la SNCF, et soutenue par la droite. La ligne Clermont-Ferrand - Montluçon
n'existe plus. Les lignes en direction du sud sont menaçées. Mais surtout, le manque de moyens offerts pour entretenir ces lignes impose des vitesses d'escargot à tout voyageur souhaitant se
rendre vers Bordeaux, vers Lyon, vers Toulouse, vers Brive....
Comment peut-on honnètement promouvoir un dévellopement durable avec un joujou TGV, quand on fait fermer ou que l'on condamne tout le réseau ferré d'une région ? La droite n'est pas à une
contradiction près.